Conf. Journées nationales

ARTAAS : Auteurs de violences sexuelles et résonnances institutionnelles

La prise en charge et le traitement d’une personne auteur de violences sexuelles sont à la croisée de plusieurs institutions. Différentes et complémentaires, elles s’interagissent dans une « inter contenance » soulignée et théorisée par André Ciavaldini. Chaque institution est objectivement incarnée par un professionnel identifié et missionné pour accompagner le patient- justiciable dans son cheminement. Ainsi dans le champ du soin, qu’il ou elle soit infirmier(ière), psychiatre ou psychologue, c’est au nom d’un service qu’un soignant accueille un patient auteur, condamné ou présumé, de violences sexuelles.
La rencontre est empreinte de subjectivité et de séduction narcissique réciproques qui constituent le creuset du tissage progressif du lien de confiance mutuelle et des éprouvés transférentiels et contre transférentiels. Néanmoins, pour le professionnel cette rencontre n’est pas personnelle. Claude Balier n’a eu de cesse de rappeler, d’une part que la confidentialité n’est pas de la complicité et d’autre part que seul le partage en/avec l’équipe peut garantir le cadre thérapeutique. En effet, face à la figure du monstre, à l’horreur de ses actes, et aux traumatismes qui ont jalonné son parcours de vie, l’institution a une fonction protectrice, réelle et symbolique, de pare excitation.
Les divers affects mobilisés chez chaque soignant pour mener au mieux sa mission thérapeutique sont à la fois individuels et institutionnels. De fait, les fonctionnements psychiques du champ pervers tels que le clivage, le déni ou l’emprise qui sont à l’oeuvre dans l’intra et l’inter psychique des entretiens, se répercutent et se rejouent dans le collectif institutionnel. Ainsi, cette résonance en abyme est bien souvent à l’origine des plus vives tensions qui s’expriment sous forme de disqualifications ou à l’inverse d’illusion fusionnelle. Confronté à des enjeux de loyauté, chaque membre de l’équipe risque alors de se retrouver agi par un réflexe archaïque de sauvegarde narcissique.
En 2020, les journées nationales annuelles de l’ARTAAS visent à penser la clinique et le soin des auteurs de violences sexuelles en tentant de mettre en lumière le prisme particulier de leurs dimensions institutionnelles.

PROGRAMME : A consulter en ligne

 

  • Jeudi 26 mars 2020

8h45 : Accueil par Aurélie VITTOZ, Présidente de l’ARTAAS.
9h30 : Bruno GRAVIER, Psychiatre; Professeur honoraire de psychiatrie, Université de Lausanne; Ancien chef de service du SMPP.  « De l’institution à la clinique. Livre hommage à Claude Balier »

11h15 : Ateliers présentés par des membres et/ou sympathisants de l’ARTAAS

14h30 : Table ronde avec Vincent DI ROCCO, Psychologue clinicien; Professeur de psychopathologie et Magali RAVIT, Psychologue clinicienne; Professeur de psychologie et psychopathologie clinique; Directrice du CRPPC, Université Lyon 2.

  • Vendredi 27 mars 2020

9h30 : Jean-Pierre PINEL, Professeur de psychopathologie sociale clinique, Université Paris 13; Membre de l’UTRPP; Président de l’Association Transition, association européenne d’analyse de groupe et d’institution : « Les équipes instituées à l’épreuve des violences extrêmes »

11h15 : Ateliers présentés par des membres et/ou sympathisants de l’ARTAAS

14h30 : André CIAVALDINI, Psychologue clinicien (HDR); Psychanalyste (SPP-IPA); Directeur de recherche associé au laboratoire PCPP, Université Paris 5 : « L’intercontenance : du concept au processus dans la clinique de la violence sexuelle »
16h00 : Clôture des journées.

 

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